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La Roche N° 00 mai 1996 |
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Bulletin de liaison |
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| Editorial
Mythique à La Coûme, la Roche a été pendant de nombreuses années une pièce à part. Contrastant avec l'ordre général, elle était un capharnaüm, un lieu d'archives, une chambre de conciliabules et réunions secrètes. Volets toujours fermés, elle est le symbole des liens cachés qui unissent les Coumois de plusieurs générations. Aujourd'hui la Roche est ouverte à tous, confiez lui vos secrets, vos souvenirs, vos regrets, demandez-lui de retrouver ceux que vous avez perdu de vue, envoyez-lui textes, dessins, petites annonces, ils seront publiés. Expression de notre souci de solidarité, la Roche sera ce que vous en ferez... A l'individualisme qui gagne quotidiennement du terrain, l'association dans un souci de faire perdurer l'esprit de Pitt et Yvès, souhaite opposer la force d'un réseau. Ce réseau d'entraide et de solidarité s'adresse en premier lieu aux amis et anciens élèves qui souhaitent garder ou reprendre contact. Un ami, un conseil, une adresse, une écoute, un voyage, un médecin, un coup de pouce, une occasion - autant de demandes que d'opportunités d'échanges et de confiance... Geoffroy B. (La Coûme de 1978 à 1992) |
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| Le mot du
doyen Ayant été longtemps responsable, avec J.L. Sagnier, des "Cahiers de La Coûme" qui, durant des années, assurèrent la liaison entre la Communauté, les parents d'élèves et les amis de "l'Equipe" éducative, on peut deviner avec quel plaisir j'ai appris que notre Association avait décidé de publier un bulletin. Après une longue interruption et le changement d'orientation de La Coûme, la parution de ce bulletin me semble de très bon augure, car il symbolisera pour nous tous la continuité entre l'ancienne et la nouvelle Coûme, et la fidélité à notre riche passé. Yvès et Pitt en seraient heureux, car ils tenaient beaucoup à ce travail de relations, pour lequel j'avais été sollicité dès mon départ à la retraite. Je nous revois avec Jean-Lou, dans l'atelier de reliure, en train de ronéotyper péniblement à l'aide stencils les textes dactylographiés, avec les multiples incidents que l'on peut imaginer. Et lorsque le premier numéro fut enfin terminé, ayant posé le précieux paquet à expédier sur le toit de ma voiture pour ouvrir la portière, je l'oubliai dans cette position et le perdis dans un fossé pendant qu'il commençait à neiger. Je dus remonter le lendemain, et le chercher désespérément tout le long de la route, avant de le retrouver par miracle sous la neige, et pas trop abîmé... Ce sont des difficultés que ne rencontreront plus les responsables de ce nouveau Bulletin grâce aux progrès des moyens d'impression actuels. Cette facilité doit les encourager à composer une publication dense et variée, à laquelle les lecteurs participeront activement, et qui intéressera non seulement les anciens élèves et amis de La Coûme, mais aussi les animateurs et les parents des élèves des stages organisés par le Centre, où ils découvrent les valeurs essentielles d'une Communauté qui nous tient tant à coeur, et qui survivra grâce à eux. Alors, tous à vos plumes pour escalader... "La Roche". Alain T. |
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La Coûme d'hier d'aujourd'hui et de demain ![]()
Petit historique à l'intention de ceux qui auraient besoin de points de repères.
| Fin 1933, Yvès, Pitt Krüger et Jamine,
leur fillette de deux ans, arrivent en Catalogne, démunis de tout ; ils fuient
l'hitlérisme après la révocation de Pitt, premier enseignant destitué par le régime. Le vieux mas de La Coûme vient d'être acheté par des Quakers anglais pour accueillir un groupe de réfugiés politiques allemands. Pendant deux ans, ils remettent en état champs et maison abandonnés depuis des années. Les paysans de Mosset, de nombreux habitants de Prades et des environs les y aident fraternellement, et bientôt des groupes d'étudiants anglais viennent à leur tour prêter main-forte pendant les vacances. En 1936, Yvès et Pitt, restés seuls de tout le groupe allemand tant il fallait de courage pour vivre dans le travail et le dénuement, ont la joie de la naissance de leur seconde fille, Véronica. La même année, ils ouvrent la première Auberge de Jeunesse du Sud de la France et, très vite, elle est fréquenté par des jeunes de nombreux pays (à la déclaration de guerre, ils étaient de 9 nationalités). Dès 1939, ils accueillent quelques enfants, mais c'est en 1940 qu'arrive le groupe des "petits espagnols" victimes de la guerre civile; puis, en 41-42 affluent d'autres enfants victimes cette fois de la Seconde guerre mondiale (juifs menacés, orphelins, enfants sous-alimentés des grandes villes, etc.) Le 3 juin 1944, Pitt est arrêté par la Gestapo, emmené en Allemagne où il est ensuite fait prisonnier par les Russes; il ne reviendra, hélas, qu'en 1948. Pendant ce temps, Yvès, après s'être cachée aussi, reste seule responsable, avec ses deux filles, une trentaine d'enfants et l'aide de nombreux amis des Auberges de Jeunesse, du pays et du corps enseignant. Le 3 septembre 1945, un incendie détruit presque toute la maison qu'il faut reconstruire avec les pires difficultés matérielles mais, une fois encore, avec l'aide de nombreux amis et du Service Civil Volontaire International. Dès le séjour des premiers enfants, Yvès et Pitt, pédagogues et éducateurs formés dans les Ecoles Nouvelles, de Suisse et d'Allemagne, organisent au mieux la scolarité tout en subvenant à tous les besoins matériels. Mais ce n'est qu'en 1945 que le Ministère crée un poste public d'Ecole de Plein Air et , en 1946, arrive l'autorisation préfectorale d'ouverture officielle de la "Maison d'Enfants à Caractère Social". En 1949, La Coûme contribue à la création de lance (Association Nationale des Communautés d'Enfants, rattachée à la fédération Internationale) destinée à regrouper les maisons qui accueillaient les enfants démunis de l'après-guerre. Cependant, les enfants grandissent et il faut penser à l'Enseignement secondaire. C'est alors que commence le travail avec le Centre National d'Enseignement à Distance qui ne se terminera qu'en 1990. Grâce à cet organisme, un Directeur d'Etudes pour les classes secondaires est nommé en 1951; puis, en 1956, à la suite de la signature d'un Protocole d'Accord avec l'Education Nationale, s'y ajoutent divers professeurs. De 1950 à 1972, le "Centre Educatif à la Campagne" est une Association loi 1901 qui se transforme en 1972 en Fondation reconnue d'Utilité Publique. Yvès et Pitt Krüger sont décédés respectivement en 1988 et 1989. Pour des raisons importantes, l'équipe de travail a décidé de changer d'activité tout en continuant à s'occuper de jeunes selon les principes éducatifs fondamentaux qui ont fait leurs preuves pendant un demi-siècle. Alors, depuis juin 1990, La Coûme est devenue un "Centre d'Accueil International" pour enfants et adolescents. Elle reçoit pendant l'année scolaire des "classes transplantées" accompagnées par leurs instituteurs et encadrées par des membres de l'équipe aidés, quand c'est nécessaire (arts plastiques, musique, certains sports, etc.) par des spécialistes et des conseillers pédagogiques de l'Académie. pendant les vacances, ce sont des groupes d'enfants, d'adolescents, parfois de jeunes adultes, accueillis surtout pour des stages artistiques, tout ceci dans la tradition culturelle de La Coûme. Yvonne G. |
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| En 1990 La Coûme est
devenue un "Centre d'accueil International" pour enfants et adolescents. Elle
organise des stages et séjours à dominante culturelle, sportive et éducative. En période scolaire elle reçoit des classes transplantées. Ce sont des des classes (généralement du primaire) qui pendant une ou deux semaines vont séjourner à La Coûme pour découvrir ou approfondir leur connaissance sur un thème donné, tel que : - la musique Pour les vacances elle accueille des stages de : - musique (flûte à bec, guitare, percussion, basson, piano...) |
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| Avis de recherche Appel à témoignages ! J'ai été professeur d'histoire à La Coûme durant 7 ans. J'exerce aujourd'hui à Perpignan. Tous les ans, mes classes de 3ème sont confrontées au XX° siècle et aux années noires de la montée des fascismes en Europe. Le chapelet de guerres, d'exodes, de persécutions qui en fut la conséquence pourrait s'égrener à La Coûme depuis les années 1933 à 1945 et même au-delà. Voilà pourquoi j'ai le projet d'y venir une semaine par an avec une classe de 3°, pour approfondir thème après thème l'étude des "Résistances" qui y ont vu le jour. J'ai besoin de constituer sur place un fonds d'archives composé de tous les témoignages de ceux qui ont vécu ces années, ayant fait preuve ou ayant reçu de cette solidarité que La Coûme a générée (Auberge de Jeunesse, enfants espagnols, juifs, etc.) Lettres, enregistrements, ou K7 vidéo seraient bienvenus et bien traités, puisqu'ils ne quitteraient pas La Coûme, où d'autres enfants ou adultes pourront les consulter. Je suis prête à venir filmer les témoignages oraux, ou des photos, ou d'autres documents. L'équipe d'aujourd'hui les recevra et vous garantit leur bonne utilisation. Merci, au nom de Pitt, Yvès, dont je voudrais honorer la vie en transmettant cette mémoire à de jeunes esprits. Quéti O. (La Coûme 1975-1982) |
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| Vie de l'Association La réunion constitutive de l'Association des Amis et Anciens Elèves de La Coûme a eu lieu le 14 mai 1994. L'Association a été déclarée le 15 juin 1994 (parution au J. O. de la R. F. du 20 juillet 1994). Le bureau provisoire est constitué autour de deux collèges - sous une double présidence représentant à la fois les amis et anciens élèves. |