Le voyage en Tunisie (septembre 1980)
Dougga - Le Kef - 6 septembre (carnet d'Anne Bétoin) ![]()
A Dougga, un guide nous conduit à travers l'immense et merveilleuse ville. Nous pouvons découvrir comment étaient bâties les maisons romaines, avec les 1 ou 2 étages et les toits en voûte. Près d'une immense piscine et ses plaques de marbre se trouvent un grand nombre de citernes, dont une assez profonde, aux parois cimentées à la chaux. En remontant nous pouvons admirer deux grands temples dont l'un était consacré au sacrifice de l'aîné mâle de chaque famille. Il est tard et nous devons aller au Kef pour y dormir. Là nous rencontrons Farhat Fahrat qui va rester avec nous pour nous guider pendant tout le voyage.
Gafsa - 08 septembre (carnet de Gilles Martin) ![]()
Nous avons pris la direction de Gafsa. Le paysage
qui nous était étranger devint pour nous un paysage familier. Car en fait il se compose
de grands champs désertiques et caillouteux. La seule "verdure" est l'alfa.
L'alfa est une plante qui est sous forme de touffe. Chaque touffe est espacée de quatre
ou cinq centimètres et le tout forme un immense tapis vert. L'alfa est coupée et
s'utilise dans les usines pour la fabrication du papier de luxe. Le seul inconvénient
c'est qu'il faut le traiter avec de l'eau pure. La seule usine de traitement d'alfa se
trouvait à Liverpool, ce qui frustrait les Tunisiens d'un secteur de l'économie.
Maintenant une usine s'est implantée à Tunis, elle a eu quelques problèmes de mise en
route qui se sont à peu près résolus à l'heure actuelle.
Au loin on peut apercevoir des tentes de nomades et quelques dromadaires. Les nomades
louent de vastes champs d'alfa ou d'herbes maigres le plus souvent pour faire paître
leurs troupeaux.
Tozeur - 9-10 septembre (carnet de Gilles Martin) ![]()
Douz - 11 septembre (carnet de Kitty
Gausachs) ![]()
Nous étions debout à 5h
du matin, car nous allions parcourir une longue route...
La traversée du Chott allait être une intéressante expérience :
quelle impression d'être sur un lac, soutenue par une croûte de sel ! Autour de nous, un
horizon infini, plat, monotone? Des trous déjà plus humides et tous blancs longent la
route. Bientôt quelques palmiers et maisons basses apparaissent : la fin du Chott ! Et
notre bout du monde, Douz . Dans la maison d'enfants, nous avons été comme toujours
très bien accueillis.
Douz est un des plus grands marchés de dromadaires. Le soir à 7h,
avant que les enfants rentrent chez eux; ils nous organisent une petite soirée musicale
avec tam-tam, tambour et cornemuse. Les enfants chantent, jouent, et nous invitent à
partager le thé à la menthe (le meilleur jusqu'à présent)
Djerba - 16 septembre - (carnet de Carlos Murias) ![]()
Djerba. Je peux dire que c'est l'Ile de la Méditerranée, car les Romains, les Grecs, les Normands, les Phéniciens, les Espagnols, les Juifs sont passés par cette île et y ont laissé leurs traces. L'île est relativement petite, 25 km sur 22 km, et était reliée au continent par une voie romaine, maintenant submergée et remplacée par une route de sept kilomètres. C'est l'île du tourisme avant toute autre chose. Elle accueillit Ulysse pendant son long voyage. Djerba est poétique et merveilleuse : c'est Djerba la douce, la belle et la paisible, envahie par le doux arôme marin. Le relief est plat comme la paume d'une main qui a les lignes comme les oueds, sèches et arides. L'après-midi, nous visitons les potiers. Tout objet est fait en un "santiamen" : lampes, tam-tam, veilleuse, service à thé, cruches, vases, chandeliers, etc. Quand l'objet est sec, ils le font cire dans des fours souterrains. Les chameaux qui passent ont l'air de nous dédaigner.
Matmata - 17 septembre (carnet de Nathalie Miosga)Une fois sur le continent nous avons pris la direction de Matmata. Les champs d'oliviers, les quelques fleurs, buissons, disparaissent petit à petit, remplacés par la chaîne de montagnes, maintenant devenue familière, quelques dunes bordées de cactus, de figues de barbarie, des étendues vastes et vides. La première vue de Matmata est le minaret de la mosquée; autour s'étend un paysage surprenant: dans le sol des trous profonds abritent les habitations de cette ville troglodyte. Les habitations sont naturellement "climatisées": l'été, il y fait frais et en hiver, on n'a pas trop besoin de chauffer. La maison que nous avons visitée avait l'électricité depuis un an et une femme nous montra un ancien four à pain, et un moulin à fabriquer la semoule de couscous. Dans les murs en argile, on peut distinguer diverses couches de cendres ou de coquillages. La mer arrivait peut-être jusqu'à Matmata.
Matmata - Beni Aïssa - Gabès
- 18 septembre (carnet de Inigo Molina) ![]()
Nous avons pris une route poussiéreuse et caillouteuse. Le relief est impressionnant et la végétation complètement sèche, nous ne savons pas doù sortent les hommes. La vie dans ces montagnes doit être bien difficile, les hommes vivent surtout de lélevage ovin. Enfin nous arrivons face à une étendue lunaire, avec devant une grande colline sur laquelle un petit village au teint marron apparaît sous les premiers rayons du soleil : Beni Aïssa est une ancienne ville berbère, servant maintenant détape aux nomades. Pour y monter nous empruntons un petit sentier de chèvres, raide, mais agréable après deux semaines de voiture. En haut la vue est splendide, unique. Les palmiers apparaissent comme des parasites au pied dune sorte de grand canyon et font revivre ce paysage désertique. Un grand oued traverse ces vallées, il doit être impressionnant ... quand il coule.
Sfax - 19 - 20 - 21 septembre
(carnet de Corinne Slimkert) ![]()
Après un
déjeuner anglais, monsieur Forme nous emmène au musée archéologique de Sfax, qui, en
raison de travaux, ne comporte que quatre salles, mais très intéressantes. Sur les murs
nous pouvons voir des mosaïques représentant des fonds marins, des oiseaux et des
animaux sauvages. Une mosaïque que jaimerais bien emporter chez moi est celle
dun jeune taureau qui louche, vraiment magnifique et amusante. Ce musée est aussi
le premier où nous pouvions dessiner et nous avons profité de cette occasion.
Monsieur Forme nous a ensuite conduits à une entreprise de fabrication
dobjets en bois dolivier. Les ouvriers travaillent comme des artistes :
boutons, pots, pieds de lampe, tables, portemanteaux, tout est parfait, lisse, verni.
El Jem -
Monastir - 22 septembre (carnet de Christian Roca) ![]()
En cours de
route nous nous arrêtons à l'amphithéâtre dEl Jem, immense avec ses trois
étages darcades. Au centre de larène se trouve une galerie maintenant à
ciel ouvert, que lon pouvait boucher avec dénormes planches de bois. Elle
donnait accès à des pièces dont certaines servaient à enfermer les fauves,
dautres les esclaves. Une galerie part même vers la mer, distante de quarante km !
Les parois entourant larène sont en marbre pour empêcher les fauves
dattaquer les 36000 spectateurs qui pouvaient garnir lamphithéâtre.
Nous arrivons à Monastir et grâce à Farhat nous avons vite trouvé
la maison dYukiko et Christian. Laccueil est très chaleureux et nous
retrouvons Elena et Yassou.