La Roche N° 02


Le voyage en Tunisie (septembre 1980)

 

Dougga - Le Kef - 6 septembre (carnet d'Anne Bétoin) vs_haut.gif (126 octets)

    A Dougga, un guide nous conduit à travers l'immense et merveilleuse ville. Nous pouvons découvrir comment étaient bâties les maisons romaines, avec les 1 ou 2 étages et les toits en voûte. Près d'une immense piscine et ses plaques de marbre se trouvent un grand nombre de citernes, dont une assez profonde, aux parois cimentées à la chaux. En remontant nous pouvons admirer deux grands temples dont l'un était consacré au sacrifice de l'aîné mâle de chaque famille. Il est tard et nous devons aller au Kef pour y dormir. Là nous rencontrons Farhat Fahrat  qui va rester avec nous pour nous guider pendant tout le voyage.

Gafsa - 08 septembre (carnet de Gilles Martin) vs_haut.gif (126 octets)

    Nous avons pris la direction de Gafsa. Le paysage qui nous était étranger devint pour nous un paysage familier. Car en fait il se compose de grands champs désertiques et caillouteux. La seule "verdure" est l'alfa. L'alfa est une plante qui est sous forme de touffe. Chaque touffe est espacée de quatre ou cinq centimètres et le tout forme un immense tapis vert. L'alfa est coupée et s'utilise dans les usines pour la fabrication du papier de luxe. Le seul inconvénient c'est qu'il faut le traiter avec de l'eau pure. La seule usine de traitement d'alfa se trouvait à Liverpool, ce qui frustrait les Tunisiens d'un secteur de l'économie. Maintenant une usine s'est implantée à Tunis, elle a eu quelques problèmes de mise en route qui se sont à peu près résolus à l'heure actuelle.
Au loin on peut apercevoir des tentes de nomades et quelques dromadaires. Les nomades louent de vastes champs d'alfa ou d'herbes maigres le plus souvent pour faire paître leurs troupeaux.

Tozeur - 9-10 septembre (carnet de Gilles Martin) vs_haut.gif (126 octets)

    La route était droite: désert à droite, désert à gauche, désert à l’horizon.
    Quelquefois on pouvait apercevoir une tente de nomades ou un dromadaire. Et quelle joie quand nous vîmes des palmiers à l’horizon, qui se rapprochaient de plus en plus, jusqu’à ce que nous fûmes dans la palmeraie de Tozeur. Nous allâmes visiter les "Jardins du Paradis" et le "Zoo du Désert". A l’entrée le vieux directeur nous récita tout son savoir de la langue française, de "bonjour" à "Brigitte Bardot". Ensuite ce fut le dégoût devant la vipère à cornes et le scorpion, le sourire devant le couple de lions et la gazelle, le rire devant le chameau buvant son coca-cola. C’est un drôle de petit zoo où le terrible python se mêle au renard du désert.
    Nefta est une oasis grandiose entre le Chott et les montagnes désertiques, c’est un lieu paradisiaque, mais très touristique. Nous nous arrêtons près d’un café, car, dessous, se trouvent les sources au milieu de très nombreux palmiers dattiers. Nous partons ensuite vers le "marché aux roses". C’est là que nous trouvons les plus belles roses des sables de tout le sud tunisien ainsi que du quartz, des cristaux et des iguanes empaillés : il faut marchander, on peut trouver le lot de roses à 500 millimes.
    De retour à Tozeur, le soir nous participons à un méchoui. Trois musiciens attendaient notre arrivée pour jouer des morceaux folkloriques. Nous nous asseyons tous en rond et hop en avant la musique ... et le repas : salade tunisienne, méchoui du pays, pastèque, avec boissons diverses. L’ambiance était extraordinaire, on sentait l’amitié entre tous. En plus des mets qui étaient exquis et de la musique sublime, il y avait des danseurs d’occasion, c’est-à-dire nous ! C’était vraiment le climat des camps d’ados des années 60-75. A la fin nous nous sommes dit au revoir en prenant chacun les adresses de l’autre. "Ce n’est qu’un au revoir, gens de Tozeur".

Douz - 11 septembre (carnet de Kitty Gausachs) vs_haut.gif (126 octets)

douz.JPG (31176 octets)    Nous étions debout à 5h du matin, car nous allions parcourir une longue route...
    La traversée du Chott allait être une intéressante expérience : quelle impression d'être sur un lac, soutenue par une croûte de sel ! Autour de nous, un horizon infini, plat, monotone? Des trous déjà plus humides et tous blancs longent la route. Bientôt quelques palmiers et maisons basses apparaissent : la fin du Chott ! Et notre bout du monde, Douz . Dans la maison d'enfants, nous avons été comme toujours très bien accueillis.
    Douz est un des plus grands marchés de dromadaires. Le soir à 7h, avant que les enfants rentrent chez eux; ils nous organisent une petite soirée musicale avec tam-tam, tambour et cornemuse. Les enfants chantent, jouent, et nous invitent à partager le thé à la menthe (le meilleur jusqu'à présent)

Djerba - 16 septembre - (carnet de Carlos Murias) vs_haut.gif (126 octets)

    Djerba. Je peux dire que c'est l'Ile de la Méditerranée, car les Romains, les Grecs, les Normands, les Phéniciens, les Espagnols, les Juifs sont passés par cette île et y ont laissé leurs traces. L'île est relativement petite, 25 km sur 22 km, et était reliée au continent par une voie romaine, maintenant submergée et remplacée par une route de sept kilomètres. C'est l'île du tourisme avant toute autre chose. Elle accueillit Ulysse pendant son long voyage. Djerba est poétique et merveilleuse : c'est Djerba la douce, la belle et la paisible, envahie par le doux arôme marin. Le relief est plat comme la paume d'une main qui a les lignes comme les oueds, sèches et arides. L'après-midi, nous visitons les potiers. Tout objet est fait en un "santiamen" : lampes, tam-tam, veilleuse, service à thé, cruches, vases, chandeliers, etc. Quand l'objet est sec, ils le font cire dans des fours souterrains. Les chameaux qui passent ont l'air de nous dédaigner.

Matmata - 17 septembre (carnet de Nathalie Miosga) vs_haut.gif (126 octets)

    Une fois sur le continent nous avons pris la direction de Matmata. Les champs d'oliviers, les quelques fleurs, buissons, disparaissent petit à petit, remplacés par la chaîne de montagnes, maintenant devenue familière, quelques dunes bordées de cactus, de figues de barbarie, des étendues vastes et vides. La première vue de Matmata est le minaret de la mosquée; autour s'étend un paysage surprenant: dans le sol des trous profonds abritent les habitations de cette ville troglodyte. Les habitations sont naturellement "climatisées": l'été, il y fait frais et en hiver, on n'a pas trop besoin de chauffer. La maison que nous avons visitée avait l'électricité depuis un an et une femme nous montra un ancien four à pain, et un moulin à fabriquer la semoule de couscous. Dans les murs en argile, on peut distinguer diverses couches de cendres ou de coquillages. La mer arrivait peut-être jusqu'à Matmata.

Matmata - Beni Aïssa - Gabès - 18 septembre (carnet de Inigo Molina) vs_haut.gif (126 octets)

    Nous avons pris une route poussiéreuse et caillouteuse. Le relief est impressionnant et la végétation complètement sèche, nous ne savons pas d’où sortent les hommes. La vie dans ces montagnes doit être bien difficile, les hommes vivent surtout de l’élevage ovin. Enfin nous arrivons face à une étendue lunaire, avec devant une grande colline sur laquelle un petit village au teint marron apparaît sous les premiers rayons du soleil : Beni Aïssa est une ancienne ville berbère, servant maintenant d’étape aux nomades. Pour y monter nous empruntons un petit sentier de chèvres, raide, mais agréable après deux semaines de voiture. En haut la vue est splendide, unique. Les palmiers apparaissent comme des parasites au pied d’une sorte de grand canyon et font revivre ce paysage désertique. Un grand oued traverse ces vallées, il doit être impressionnant ... quand il coule.

Sfax - 19 - 20 - 21 septembre (carnet de Corinne Slimkert) vs_haut.gif (126 octets)

    Après un déjeuner anglais, monsieur Forme nous emmène au musée archéologique de Sfax, qui, en raison de travaux, ne comporte que quatre salles, mais très intéressantes. Sur les murs nous pouvons voir des mosaïques représentant des fonds marins, des oiseaux et des animaux sauvages. Une mosaïque que j’aimerais bien emporter chez moi est celle d’un jeune taureau qui louche, vraiment magnifique et amusante. Ce musée est aussi le premier où nous pouvions dessiner et nous avons profité de cette occasion.
    Monsieur Forme nous a ensuite conduits à une entreprise de fabrication d’objets en bois d’olivier. Les ouvriers travaillent comme des artistes : boutons, pots, pieds de lampe, tables, portemanteaux, tout est parfait, lisse, verni.

El Jem - Monastir - 22 septembre (carnet de Christian Roca) vs_haut.gif (126 octets)

    En cours de route nous nous arrêtons à l'amphithéâtre d’El Jem, immense avec ses trois étages d’arcades. Au centre de l’arène se trouve une galerie maintenant à ciel ouvert, que l’on pouvait boucher avec d’énormes planches de bois. Elle donnait accès à des pièces dont certaines servaient à enfermer les fauves, d’autres les esclaves. Une galerie part même vers la mer, distante de quarante km ! Les parois entourant l’arène sont en marbre pour empêcher les fauves d’attaquer les 36000 spectateurs qui pouvaient garnir l’amphithéâtre.
    Nous arrivons à Monastir et grâce à Farhat nous avons vite trouvé la maison d’Yukiko et Christian. L’accueil est très chaleureux et nous retrouvons Elena et Yassou.